Reseau des AMAP de Midi Pyrénées

Association Pour le Maintien de LAgriculture Paysanne

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La préservation des espaces naturels et agricoles périurbains en Midi-Pyrénées

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Contexte

L’étalement urbain s’accentue en France depuis 1990. En 10 ans, l’équivalent d’un département français de taille moyenne a été soustrait à l’agriculture, à la forêt et aux espaces naturels. Il apparaît nécessaire de sensibiliser les acteurs locaux aux enjeux de la préservation de ces espaces périurbains.

Programme
- Enjeux de la préservation des espaces périurbains & Présentation des dispositions foncières de la loi de Développement des Territoires Ruraux vis à vis des espaces agricoles et naturels périurbains (par la fédération Uminate*)
- État d'avancement de la politique du Grand Toulouse vis à vis de la préservation des espaces agricoles et naturels périurbains (par Mme Bleuse vice-présidente de la commission environnement du Grand Toulouse, Mme Hormière et Mr Berthelot service environnement)
- Exemples locaux en matière de préservation des espaces agricoles périurbains en Midi-Pyrénées (par la SAFER Gascogne-Haut-Languedoc)
- Agriculture de proximité et préservation des espaces agricoles périurbains (par Mr Besse - Réseau des AMAP de Midi-Pyrénées)


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Agriculture de proximité et préservation des espaces agricoles périurbains



La gestion de l’espace ne peut être séparée de ces questions fondamentales :

1- quels objectifs sont assignés à l’économie ?

2- quel type d’organisation sociale voulons nous ?

L’explosion urbaine du XXème siècle est la conséquence d’une dérégulation majeure et totalement inédite dans l’histoire de l’humanité. La catastrophe est toujours en cours.

Il ne s’agit plus de gérer cette catastrophe mais d’interrompre son cours.


Nous assignons à l’économie la mission de satisfaire durablement et équitablement les besoins de base de toute la population, besoins matériels et besoins immatériels. Nourriture, textile, matériaux, énergie ; qualité des relations sociales, reconnaissance, sécurité, possibilité d’épanouissement personnel et collectif.

Nous adoptons les principes d’organisation sociale suivants :

- subsidiarité et autonomie : toutes les fonctions, tous les arbitrages pouvant être assumés localement le seront, avant que soit sollicité un niveau supérieur d’organisation. Tous les échelons de la société, à commencer par l’individu et la cellule familiale, sont responsabilisés et considérés comme compétents pour l’essentiel de la couverture de leurs besoins de base : nourriture, eau, logement, etc. Leur choix est libre et respecté, dans la limite où il ne menace pas l’exercice de la même liberté par les autres.

- équité et dignité : plutôt qu’un droit mal assuré à une petite part de la richesse générée par un système complexe et immoral, la survie des plus faibles et leur intégration dans la société est assurée par un droit clairement reconnu, permanent et inaliénable :

- à une part équitable des ressources naturelles, c'est-à-dire à la terre, dont il faut sans doute tôt ou tard reconnaître la propriété collective et garantir l’accès à tous, et aux autres facteurs de production agricoles : eau, semences, savoir-faire, crédit, etc.

- à l’accès au marché local : dans une économie fortement monétarisée, ce droit d’accès doit être garanti à tous, permanent et inaliénable.

L’objectif de résorber définitivement le chômage par la production agricole (et l’artisanat qui lui est lié) est parfaitement à notre portée, si nous osons partager la terre, le travail de production et le produit de ce travail.


Devant nous est un changement majeur, sur le plan matériel mais aussi et simultanément sur le plan des valeurs morales attachées à notre civilisation. La nécessité absolue d’un changement radical sur le plan matériel ne fait pas de doute, et une conversion culturelle profonde lui sera nécessairement attachée.

Il faudra :

- sortir de la dépendance énergétique et technologique, de la menace d’effondrement qui lui est liée.

- sortir de la soumission à un empire financier de plus en plus lointain, de plus en plus exigeant, de moins en moins crédible…

- faire du souci des plus pauvres et des plus humbles une priorité collective.

- fonder notre sécurité matérielle sur les produits que nous pouvons obtenir de la nature, sans en abuser en aucune manière.

- fonder la paix sociale sur la justice, le partage et la solidarité.


Dans cette perspective :

Distinction urbain – périurbain – rural : pertinence ? L’avenir de notre société est entièrement dans les produits renouvelables de la terre, c'est-à-dire les produits agricoles, les seuls qu’il soit moralement légitime d’exploiter, et les seuls qu’il soit raisonnable d’espérer toujours disponibles.

Par conséquent c’est à un renversement complet d’orientation qu’il faut s’atteler, en recentrant l’essentiel de l’activité économique vers l’agriculture et vers l’espace rural, et en rendant à l’espace urbain sa fonction de production vivrière.

Concept d’ « agriculture de proximité » : sens ? pertinence ? Toute l’agriculture est « de proximité ». Chaque communauté, à un niveau très local, doit être autonome pour l’essentiel de son alimentation. Le rayon d’approvisionnement doit être le plus court possible, à terme il doit pouvoir être couvert par des moyens de transport naturels (traction animale…).

Par conséquent, il s’agit de passer un nouveau contrat avec l’agriculture : on lui demandera d’assurer la sécurité alimentaire de la population, de façon indéfiniment durable sur le plan écologique, complètement autonome sur le plan énergétique et donc stratégique, et de façon parfaitement saine, donc sans recours aux artifices chimiques et biotechnologiques. En échange, on lui donnera autant de bras qu’il en faudra, et on lui garantira un niveau de revenu équivalent à celui des autres secteurs de l’économie, par une politique économique qui, tout en laissant le maximum de latitude aux mécanismes des marchés locaux, veillera à les préserver des déséquilibres pouvant résulter du recours aux énergies artificielles ou au marché mondial.

Il ne s’agit pas seulement de préserver quelques espaces verts pour le confort ou le supplément d’oxygène des urbains, mais de protéger désormais tous les espaces naturels, et de les mettre à disposition de la nouvelle agriculture.

Il ne s’agit pas de préserver des espaces proches au détriment d’espaces plus lointains : il faut préserver tous les espaces, ceux qui sont potentiellement productifs, et ceux qui ne le sont pas mais jouent un rôle dans les équilibres naturels.


Concrètement, comment on s’y prend ?

1- A court terme

- on approuve et on soutient toutes les initiatives spontanées qui vont dans ce sens : les projets de conversion vers l’écologie des agriculteurs en place, les projets d’installation de néo-agriculteurs, en ville, en périurbain et à la campagne, toutes les initiatives visant à développer la consommation locale des produits agricoles, et particulièrement les partenariats locaux producteurs-consommateurs tels que les AMAP.

- on lève les barrières légales et réglementaires les plus scandaleuses aux projets agricoles (droit des semences, droit de bâtir, normes sanitaires, reconnaissance administrative, etc.), on reconnaît à chacun la légitimité du désir de vivre et travailler à la campagne.

- on se sert des outils existants : droits de préemption des SAFER, des communes, maintenant des CG, et des autres outils de maîtrise foncière, pour favoriser l’accès à la fonction de production agricole par tous les moyens : jardinage familial, petite agriculture ayant pour objectif un complément de revenu, production professionnelle destinée à assurer le revenu et le statut social d’un ménage. On assure le maximum de transparence sur les transactions foncières et on démocratise au maximum les instances de décision.


On s’appuie sur les réalisations pionnières : par exemple celle de la ville d’Aubagne, celle du Programme Agriculture Urbaine de Rosario en Argentine, celles du réseau « Le jardin dans tous ces états », les initiatives des cercles d’agriculture biologique et/ou paysanne, et évidemment celles des réseaux d’AMAP. On fait converger les moyens des citoyens avec ceux des institutions publiques. On entre dans cette nouvelle logique au niveau local, à partir des projets et des problèmes concrets. On réoriente l’épargne populaire pour la mettre au service de la nouvelle économie. On incite les propriétaires à mettre leur terre à disposition. On prend à bras le corps la question de la transmission du savoir-faire, en reconnaissant aux producteurs expérimentés une fonction essentielle de transmission, et en les rémunérant pour ça.

On observe un moratoire sur tous les grands projets d’aménagement et d’urbanisme.


2- A moyen terme

On redéfinit complètement les politiques économiques, particulièrement dans les domaines de l’agriculture, de l’énergie et du travail. On formalise le nouveau contrat social entre les paysans et le reste de la société. On élabore de nouvelles règles autour des droits d’usage et de propriété des biens fonciers, on bannit les technologies dangereuses et aliénantes, etc.

 

A moins de cette conversion intellectuelle et politique, nous ne ferons que déplacer légèrement les problèmes dans l’espace, que retarder légèrement des échéances catastrophiques.

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A voir :
Surface agricole nécessaire à l’alimentation de la population. Autonomie alimentaire régionale selon les productions. Dépendance extérieure.
Biomasse – énergie, matériaux, produits non-alimentaires,…
Niveau d’autonomie alimentaire de la région (E Bailly)
Droit à l’alimentation ?

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